Des soutiens internationaux viennent étayer les ambitions touristiques de Djibouti

A l’heure où l’Etat djiboutien poursuit sa politique d’investissement dans le développement touristique, une série de grands projets devrait permettre au pays d’accroître son nombre de visiteurs étrangers dans les années à venir.

Parmi les principaux projets en cours, citons notamment la construction d’un aéroport à Ras Siyyan dans la région d’Obock au nord de Djibouti, dont le montant des travaux, qui ont déjà démarré, s’élève à 200 millions de dollars.

Le financement de l’Aéroport International Ahmed Dini sera effectué par le biais d’un accord de prêt de développement chinois et sa construction par le groupe de BTP chinois CCECC (China Civil Engineering Construction Corporation). Le chantier a débuté en janvier 2015 et le complexe devrait disposer d’une capacité d’accueil de 350 000 passagers à son ouverture d’ici la fin de l’année, un chiffre destiné à être porté à 767 000 d’ici 2021.

« Le pays dispose d’un grand potentiel [touristique] dans la région, surtout si les infrastructures de transport sont améliorées,» a déclaré le Directeur de l’Office National du Tourisme de Djibouti (ONTD) Mohamed Abdillahi Waiss à OBG l’an dernier.

Nuitées et vols régionaux

Le potentiel touristique de Djibouti attire d’ores et déjà des promoteurs hôteliers de la région. Boston Partners, entreprise éthiopienne spécialisée dans la construction de complexes touristiques, s’attèle actuellement au chantier d’un complexe de 653 000 m² sur l’Île Moucha, située à 15 minutes de bateau au large de la ville de Djibouti dans le Golfe de Tadjourah.

La première phase du projet, qui a nécessité un investissement total d’environ 7 millions de dollars, devrait être terminée cette année. Le groupe entend ensuite construire un deuxième établissement près du Lac Assal dans le centre de Djibouti.

Parallèlement à la construction de ce nouvel établissement, on a pu observer ces derniers temps des initiatives de développement des liaisons aériennes dans la région. Au mois de mars, Air Djibouti, la compagnie aérienne nationale qui a récemment repris ses activités, a annoncé son intention de collaborer plus étroitement avec d’autres opérateurs régionaux, tels qu’Ethiopian Airlines et Kenya Airways.

S’exprimant dans les médias, le PDG d’Air Djibouti, Mario Fulgoni, a affirmé que de tels partenariats profiteraient à Djibouti et à l’économie régionale en général car ils sont synonymes d’une augmentation du trafic aérien, d’une efficacité accrue et d’une réduction des prix.

« Se pencher ensemble sur le partage de code, l’interconnexion et la gestion de nos calendriers de vols nous permettra de proposer aux clients le service le plus efficace possible plutôt que d’être en concurrence. C’est toute l’économie est-africaine qui en récoltera les fruits, » a-t-il déclaré.

Soutien de l’Etat

Ces projets touristiques portés par le secteur privé s’accompagnent d’une politique gouvernementale qui fait du financement du développement du secteur une priorité, mettant tout particulièrement l’accent sur les zones à fort potentiel de croissance.

L’Office National du Tourisme de Djibouti (ONTD) s’est vu accorder un budget de 206 millions de francs Djibouti (1,2 million de dollars) pour l’année 2017 – soit à peu près le même montant que l’an dernier – dans le cadre d’une stratégie de longue haleine qui vise à accroître la visibilité de Djibouti en tant que destination touristique et à améliorer son image à l’étranger.

Afin d’amplifier encore davantage le profit attendu de l’ouverture de nouveaux marchés, l’ONTD mise en particulier sur le développement de l’écotourisme et du tourisme balnéaire, avec pour objectif d’attirer jusqu’à 66% des visiteurs internationaux vers les régions côtières de Djibouti.

La stratégie retenue à cet effet comporte la création de zones économiques spéciales dédiées au tourisme dans des régions ciblées afin d’encourager la construction de nouveaux équipements, notamment en matière d’hébergement, de promouvoir les opportunités d’investissement dans le secteur et de renforcer les ressources humaines.

Stratégie de développement

Situé sur la Mer Rouge dans le Golfe d’Aden, Djibouti regorge de sites touristiques avec notamment des plages de sable blanc, des lacs salés, des champs de lave et des sites de plongée.

Selon les derniers chiffres publiés par la Banque Mondiale et l’ONTD, le nombre annuel de visiteurs à Djibouti s’élevait à 73 000 en 2014, un chiffre certes peu élevé dans l’absolu mais en très nette amélioration par rapport aux volumes enregistrés au début du siècle, où l’on dénombrait moins de 2000 touristes par an.

L’Etat cherche désormais à exploiter les attractions naturelles de Djibouti pour stimuler une nouvelle phase de croissance dans le secteur, et ce dans le cadre d’une stratégie plus vaste d’expansion et de diversification économique.

Le tourisme constitue un élément clé de la Vision 2035, la stratégie nationale de développement lancée en 2014 qui vise à diversifier l’économie à maintenir la dynamique de croissance.

La stratégie, qui bénéficie du soutien de la Banque Mondiale, entend faire du tourisme l’un des piliers économiques de Djibouti au cours des vingt prochaines années, en prenant exemple sur les stations balnéaires de Charm el-Cheikh et Hurghada en Egypte.

L’un des objectifs poursuivis est de porter le nombre de visiteurs internationaux à 500 000 par an d’ici 2030, dont la moitié en provenance d’Asie. La stratégie espère également faire passer la contribution du tourisme au PIB à 15% d’ici 2035, contre 2% en 2016.

L’expansion touristique devrait également aider Djibouti à lutter contre un taux de chômage élevé – 39% en 2016, selon des données du FMI- en créant de nouveaux emplois dont le pays a grandement besoin. L’ONTD estime que le développement du secteur pourrait entraîner la création de près de 2900 nouveaux postes au cours des quatre prochaines années, multipliant quasiment par deux le nombre de personnes employées dans le secteur, estimé aujourd’hui à 3000.