Tourisme local : A la redécouverte de l’arrière-pays

Depuis l’instauration des nouveaux horaires de travail dans l’administration et l’institution  du week-end de deux jours, nombreux sont les djiboutiens qui partent en famille dans les régions de l’intérieur pour passer un moment de découverte et de retrouvailles en profitant du beau paysage qui,  du nord au sud,  caractérise notre pays.  Rencontre avec ces nouveaux touristes bien de chez nous.

Une chose est sûre : pour qui veut découvrir Djibouti, les endroits à visiter ne manquent pas. Du nord au sud, d’Est en Ouest, notre pays regorge de sites et de coins paradisiaques. Et ces paysages à vous couper le souffle sont rarement visités par les Djiboutiens eux même. Parfois des étrangers venus de milliers de kilomètre racontent à nos compatriotes leurs épopées et citent des endroits où les natifs de ce pays n’ont pas mis les pieds ni n’en ont entendu parler. Un paradoxe qui peut s’expliquer par le fait que les Djiboutiens sont casaniers et ne bougent pas. Ceux qui prennent des vacances se rendent dans les pays limitrophes  (Somalie, Ethiopie et jadis le Yémen).  Tandis que les couches les plus aisées optent pour des destinations plus lointaines  (Europe, Amérique, Asie etc.).  Depuis le mois de janvier 2017 et l’application des nouveaux horaires dans l’administration et le week-end de deux jours, de plus en plus de Djiboutiens sortent dans l’arrière-pays pour découvrir les paysages et coins attrayants de notre territoire.

Selon M. Houssein, directeur financier de l’agence ATTA qui est aussi propriétaire du site touristique Le Lagon bleu, nos concitoyens commencent à découvrir leur pays. En effet,  durant le week end de deux jours, on assiste au déplacement  dans les régions de l’intérieur de familles composées surtout de cadres et issues de la classe moyenne. A cette occasion,  ils dorment dans les Bungalows, s’adonnent à des randonnées pédestres et à des excursions et pratiquent aussi la plongée sous marine. Ils profitent du cadre sympathique, convivial et de qualité qu’offrent certains lieux de villégiatures comme  le Corto Maltese ou le Golfe à Tadjourah, le campement de Koutabouya à Dikhil, mais aussi les jardins d’Assamo dans la région d’Ali Sabieh  sans oublier les îles moucha et Maskali

Caroline Hassan, professeur d’Economie au Lycée français de Djibouti  et son mari avocat au barreau de Djibouti partent chaque fin de mois en famille et avec leurs  enfants découvrir certains lieux attrayants des régions de l’intérieur. De Randa  à Boli en passant par  la forêt du Day, le Lac Assal, le Goubet, ils ont visité de nombreux coins du Nord du pays. « Nous partons souvent le jeudi en début d’après midi par la route et nous revenons avec le bac.    Nous découvrons un paysage très beau, composé de pierrailles   et de verdure, d’oueds et de plaines. Je voudrais encourager les Djiboutiens à découvrir et redécouvrir leur pays. Je peux leur  assurer qu’ils ne le regretteront pas   car c’est une expérience à faire. Après, je suis sûr qu’ils deviendront des amateurs du tourisme local, à la quête de découvrir ce qui fut et est encore la richesse de Djibouti. Je voudrais encore ajouter que ces sorties sont intéressantes pour les enfants qui pourront voir ce qu’ils étudient ou découvrir ce qui est mentionné dans les livres d’Histoire».

Me Abadid  Iltireh Ardeyeh est huissier de justice,  son cabinet est situé  non loin de la place Ménélik. Avec ses amis, depuis l’instauration du week-end de deux jours, il a pris l’habitude de sortir et découvrir l’intérieur de notre beau pays au moins une fois par mois. « Ce que j’apprécie le plus quand je sors de la ville de Djibouti, c’est le changement de température. Les gens ne savent pas qu’il existe dans notre pays des coins où il fait frais et agréable, même au cœur de l’été ».  Il a notamment été à Boli, Randa, Goubet El Kharab  et Sable Blanc qu’il a découvert pour la première fois. « Le  lait de chèvre m’a beaucoup plu, il est nutritif et  digeste et bon pour la santé. J’ai eu l’occasion de le consommer frais et sur place ».  Il a pu découvrir aussi de petits campements et dormir à la belle étoile. « C’est un hôtel  à mille étoiles lorsqu’on dort dans la nature car on a l’occasion d’admirer le ciel et ses différentes constellations. », dit-il, sourire au coin des lèvres. En plus, l’intérieur du pays est reposant, pas de réseaux internet, pas de téléphone  et on reste débranché pendant deux jours, ce qui permet de recharger les batteries.

Le directeur de l’ONTD, M.Osman Abdi Mohamed, nous a confié que son institution visait à développer le tourisme local en collaboration avec le secteur privé pour que les Djiboutiens puissent découvrir leur pays et  profiter du paysage splendide de notre territoire. « Les enfants doivent connaître le pays, il faut développer chez eux le goût des choses simples et naturelles et l’amour du pays », dit-il.  Il invite ses concitoyens  à faire du tourisme interne qui va de pair avec la connaissance de notre culture. « Nous devons être les premiers à connaitre notre culture» dit-il à juste titre.

Kenedid Ibrahim